23/08/2005

La barque de l'amour (Chimay et Ghislaine)


La barque de l'amour gondole vers l'enfer
Quand le gel est de cendre au virage des brumes
C'est l'esquif de velours aux dédales de lierre
Qui forge les sanglots de coups sourds sur l'enclume

A son bord l'âme sombre et cotonneuse
Aux souvenirs enchassés dans un ciel nébuleux
Accomplit le funeste voyage vers l'ensorceleuse
Dont le spectre glaçant les flots est maître des lieux

La barque de l'amour étrangle la lumière
Quand le voile est écran et sépare l'écume
Combien de ces folies a-t-elle assis sous pierre
Cette ombre en robe noire écrasée d'amertume

Elle a fait naître ces larmes pourpres au regard éteint vers le néant
Et plonger les amours ensevelis vers les abysses
Dans ce monde ébène où la mort lance son venin malfaisant
La barque de l'amour pourra t elle déjouer le maléfice

Car déjà le soleil s'enfuit sous l'horizon
Et les coeurs naufragés vers l'ouest qui s'éteint
Courrent sans s'arrêter au bord de la raison
Mais en vain l'astre d'or brûle ce qu'il étreint

Il perçe de ses rayons les ombres fuyantes et mystérieuses
Ne laissant planer que le froid et le souffle de la peur
Les souvenirs peuvent ils renaîtrent en cette vie ténébreuse
Sous les eaux glacées lancinantes et leurs cri qui demeurent

La nuit longue et sinistre étouffe le brouillard
L'elfe ne chante plus et la magie des fées
Se tait quand tout-à-coup un fin rayon d'espoir
Frappe leur dos transis d'une aurore dorée

Les ténèbres et la lumière auréolés d'une beauté diaphane
Eloignent l'océan ensanglanté et emportent les enfers
La barque d'amour esquisse un sourire au firmament et témoigne
Qu'un souffle trop pesant entraîne parfois un monde de chimères

C'est toujours du côté d'où tu ne l'attends plus
Qu'il jaillit du chagrin ce visage attendri
Pour déchirer la pluie d'un désir assidu
Il suffit d'un regard céleste et tout est dit

Ghislaine et Chimay
22/12/2004

16:10 Écrit par Ghislaine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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